Aujourd'hui, la durabilité n’est plus un simple argument marketing dans l’univers des compléments alimentaires. Elle s’impose comme un critère structurant, à la fois pour les consommateurs, les marques et les façonniers.
Face aux enjeux climatiques, à la pression sur les ressources naturelles et à l’exigence croissante de transparence, la nutraceutique est appelée à repenser en profondeur ses modes de production.
Loin d’être contradictoires, santé humaine et santé environnementale suivent désormais des trajectoires convergentes. L’éco-conception des compléments alimentaires illustre cette évolution : elle vise à réduire l’impact environnemental tout au long du cycle de vie du produit, sans compromettre sa qualité ni son efficacité.
Un marché dynamique confronté aux enjeux environnementaux
Le marché des compléments alimentaires poursuit sa croissance en Europe et en France. Selon les données consolidées de Synadiet, la France figure toujours parmi les principaux marchés européens, avec un chiffre d’affaires estimé autour de 2,6 à 2,7 milliards d’euros en 2024–2025 et une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 3 à 4%.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte mondial marqué par une pression accrue sur les systèmes alimentaires. Les projections démographiques de la FAO (l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture) estiment que près de 10 milliards de personnes devront être nourries d’ici 2050.
Cette réalité pose une question centrale : comment répondre aux besoins nutritionnels tout en limitant l’empreinte environnementale de la production ?
En France, l’agriculture représente environ un cinquième des émissions nationales de gaz à effet de serre, selon les évaluations de l'Ademe. À cela s’ajoute la problématique des emballages, avec plusieurs millions de tonnes de déchets plastiques générés chaque année, dont une part significative provient des produits alimentaires et de santé.
Les attentes des consommateurs : naturalité et responsabilité
Les consommateurs de compléments alimentaires expriment aujourd’hui des attentes claires. Les études récentes montrent que la naturalité reste le premier critère d’achat, suivie de près par l’absence d’additifs controversés, la traçabilité des ingrédients et l’origine géographique des matières premières.
Cette évolution reflète une prise de conscience plus large : prendre soin de sa santé ne peut plus se faire au détriment de l’environnement. La notion de "Clean label", autrefois marginale, s’est installée durablement dans le paysage nutraceutique.
Elle implique des formulations plus courtes, une meilleure lisibilité des compositions et une cohérence entre discours marketing et pratiques industrielles.
L’éco-conception appliquée aux compléments alimentaires
L’éco-conception repose sur une approche globale. Elle ne se limite pas à un ingrédient ou à un emballage, mais englobe l’ensemble du cycle de vie du produit, depuis le choix des matières premières jusqu’à la fin de vie du conditionnement.
Sourcing responsable des ingrédients
Le sourcing est l’un des leviers majeurs de la durabilité. De plus en plus d’acteurs privilégient des filières locales ou européennes lorsque cela est possible, afin de réduire l’empreinte carbone liée au transport et de renforcer la traçabilité.
Le recours à des filières certifiées, biologiques ou équitables, s’inscrit également dans cette logique. Toutefois, la durabilité ne se résume pas à la certification biologique. Dans certains cas, une filière conventionnelle locale, bien maîtrisée, peut présenter un meilleur bilan environnemental qu’une matière première biologique importée de très loin.
Cette approche nuancée du sourcing permet de concilier qualité nutritionnelle, cohérence environnementale et viabilité économique.
Végétalisation et gestion raisonnée des ressources
La nutraceutique connaît une forte tendance à la végétalisation. Les extraits de plantes représentent aujourd’hui une part majeure de la croissance du marché, portés par leur image naturelle et leur acceptabilité auprès des consommateurs.
Cette évolution s’accompagne de l’émergence d’alternatives végétales à certains actifs historiquement d’origine animale ou synthétique.
Lorsque des ressources non végétales sont utilisées, notamment marines, la question de la durabilité devient centrale. Les huiles de poissons issues de pêcheries certifiées, respectant les quotas et la biodiversité marine, illustrent cette volonté de maîtrise des ressources.
Les certifications environnementales jouent ici un rôle clé pour garantir une exploitation responsable.
L’extraction : un enjeu souvent sous-estimé
L’extraction des actifs est une étape déterminante, tant sur le plan environnemental que qualitatif. Les procédés dits "verts" gagnent du terrain : extraction aqueuse, utilisation de solvants plus doux ou technologies permettant de réduire la consommation d’énergie.
Ces méthodes visent à préserver l’intégrité des composés bioactifs tout en limitant les impacts environnementaux. La valorisation des coproduits et la réduction des déchets issus de l’extraction s’inscrivent également dans cette démarche, en cohérence avec les principes de l’économie circulaire.
Galénique et excipients : des choix qui comptent
La durabilité d’un complément alimentaire passe aussi par des choix galéniques réfléchis. Gélules végétales, poudres, formes liquides ou comprimés : chaque option présente des avantages et des contraintes en termes d’impact environnemental, de stabilité et d’acceptabilité consommateur.
Les excipients, longtemps considérés comme secondaires, font désormais l’objet d’une attention accrue. Leur origine, leur biodégradabilité et leur rôle fonctionnel sont évalués avec la même exigence que les actifs eux-mêmes.
Packaging : réduire l’impact sans compromettre la qualité
Le conditionnement est l’un des postes les plus visibles de l’éco-conception. Les industriels explorent aujourd’hui des solutions variées : plastiques d’origine végétale, matériaux recyclés, verre allégé ou systèmes rechargeables.
L’objectif est double : réduire l’impact environnemental tout en garantissant la protection des actifs, essentielle à la qualité du complément alimentaire. Un emballage durable doit donc être à la fois fonctionnel, sécurisé et cohérent avec l’image du produit.
Un engagement progressif des acteurs du secteur
Sous l’impulsion des consommateurs et des évolutions réglementaires, les entreprises de la nutraceutique s’engagent progressivement dans des démarches plus responsables.
Ces engagements se traduisent par des audits de filières, des bilans carbone, des choix de partenaires plus exigeants et une communication plus transparente.
La durabilité devient ainsi un facteur de différenciation stratégique, mais aussi un prérequis pour rester crédible dans un marché de plus en plus informé.
Pourquoi la nutraceutique durable s’impose comme une évidence
La convergence entre nutrition et environnement n’est plus théorique. Les liens entre qualité de l’alimentation, préservation des écosystèmes et santé globale sont aujourd’hui largement documentés par les organismes internationaux.
Dans ce contexte, la nutraceutique durable apparaît comme une réponse cohérente aux défis contemporains. Elle permet de proposer des compléments alimentaires qui répondent aux besoins physiologiques tout en s’inscrivant dans une logique de responsabilité environnementale.
Vers une nouvelle norme du complément alimentaire
La durabilité n’est plus une option pour les compléments alimentaires : elle devient progressivement une norme. Les marques et les façonniers capables d’intégrer l’éco-conception à chaque étape de développement prennent une longueur d’avance dans un marché en mutation.
En conciliant innovation, rigueur scientifique et responsabilité environnementale, la nutraceutique de demain se positionne comme un acteur clé d’une santé plus globale, respectueuse à la fois de l’humain et de la planète.
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